Musicalité pour danseurs de tango .
Jean françois Auguy
Pour ceux qui aiment le tango, ils aiment cette musique très riche. C’est pour eux le fondement, il ne peut être remplacé, mais développé.
Sachant que le 1 de la mesure, est plus profond, plus ancré dans le sol, il demande, un pas plus appuyé plus lourd.
Le 2/4 donne donc cette impression de marche tombée, appuyée sur l’avant (marche militaire).
Exemple, les tangos en 2/4 de d’Arienzo ou Donato,
Celui qui danse comme ça va jusqu’à la marque, tape fort, précis, il est rythmiquement joueur. C’est lui qui marque les doubles temps, les rebonds, il marque les cadences de fin de phrases. le style devient plutôt celui del centro. (Milonguero).
« Bahia Blanca » Carlos di Sarli 1957 à 115 BPM
3 Extrait de « Cancion de Rango » de Tanturi Castillo
Extrait de l’interview de Juan D’arienzo Todo Tango
Le tango c’est avant tout, du rythme, du nerf, de la force et du caractère. Le tango d’autre fois, celui de la Guardia Vieja joué en 2/4 avait tout ça, et nous devons faire en sorte qu’il ne le perde jamais.
« Juan D’Arienzo »
Souvent avec des demis phrases.
Sur « Indiferancia » de Juan D’Arienzo, écouter la cadence de fin de phrase.
On parle de Cadense plagale de demi cadence
C’est le chant, la mélodie chantée par les violons ou le bandonéon, ceux qui se fredonne. Celui qui danse ainsi est plus fluide, lié, remplace les cadencia par de longues pauses, dessine avec son corps. Il s’étire et rétrécit avec la phrase musicale.La mélodie est construite en phrases, mais peut commencer sur le 8 et finir plus tôt. « Trenza » Anibal Troilo Roberto Goyoneche.
Il est difficile quand on ne connait pas la langue de parler en profondeur des paroles, mais il convient de noter qu’à l’âge d’or, les paroles tristes étaient souvent traitées de manière très poétique par les orchestres de danse. Cela crée un effet doux-amer.
Les paroles de « Malena » Lucio Demare
Malena chante le tango comme aucune autre
et dans chacun des vers, elle met son cœur.
L’herbe folle du faubourg parfume sa voix,
Malena tient sa peine du bandonéon.
C’est peut-être dans son enfance que sa voix d’hirondelle
a pris cette couleur obscure de ruelle,
ou bien en chantant cette romance qu’elle ne dit
que quand vient la tristesse avec l’alcool.
Malena chante le tango avec une voix d’ombre,
Malena tient sa peine du bandonéon.
Ta chanson a la froideur de la dernière rencontre.
Ta chanson se fait amère dans le sel du souvenir.
Je ne sais si ta voix est la fleur d’une peine,
mais je sais qu’au son de tes tangos, Malena,
je te sens si bonne, plus bonne que moi.
Tes yeux sont obscurs comme l’oubli,
les lèvres, serrées comme la rancœur,
[tes mains, deux colombes qui ont froid,
dans tes veines coule le sang du bandonéon.]
Tes tangos sont des créatures abandonnées
qui rôdent dans la boue des ruelles
[quand toutes les portes sont fermées
et que hurlent les fantômes de la chanson.]
Malena chante le tango avec une voix brisée
Malena tient sa peine du bandonéon.
Ce sont les paroles, l’intention, le drame et les silences. Celui qui danse ainsi ne danse pas les pas, il danse ce qu’il entends ce qu’il ressent. Il reste immobile quand l’orchestre est silencieux, il accélère quand il y a du drame. C’est la plus personnelle des écoutes.
🎵 Question → Réponse dans le tango
Le principe est qu’une phrase musicale pose une question, crée une tension ou une attente, puis qu’une autre phrase répond, résout ou prolonge cette idée, par exemple :
Question : 🎶 phrase qui monte / crée une tension
Réponse : 🎶 phrase qui descend / se pose
Par exemple, chez D’Arienzo, le principe peut être très net : une cellule rythmique est lancée, répétée ou transformée, puis une autre cellule vient lui répondre.
Phrase mélodique : question → réponse Les boubas voir ci-dessous
Rythme : motif rythmique → répétition ou réponse les kikis voir ci-dessous
Par exemple, chez Lucio Demare « Una Emocion«
Les deux premiéres sont deux question elles montent et sont mélodiques. Bouba
Les deux suivantes sont deux réponses elles décendent et sont ryhmiques. Kiki
Les questions réponses
Je souhaite vous parler là, d’une étude « Kiki-Bouba » faite par l’institut du Cerveau. c’est un phénomène simple d’association entre certaines formes et des sons de la parole. un lien cérébral étroit et automatique entre la vision et l’audition. Il peut être appliqué au tango dans sa façon de le danser. Il Caractérise l’association entre la forme visuelle et la prononciation du nom que l’on pourrait lui donner. Regardez bien les deux images à gauche. Si vous deviez leur attribuer un nom, laquelle nommeriez-vous « KIKI » et laquelle « BOUBA » ? Et quand vous écoutez Malena de Lucio Demare les voyez -vous ?
Je vous propose de danser les Kikis avec des cortes et les boubas avec de la circularité dans les structures.